0
Publié dans Conseil, Vie associative
octobre 26th, 2018

Sortir de la précarité ? Par ici s’il vous plaît.

Le secteur de l’animation est-il structurellement précaire ? Le rapport du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale publié en mai 2016 semble le démontrer.

Le rapport sur la filière animation dresse un bilan peu flatteur de la profession en particulier au sein de la fonction publique territoriale. En effet, les collectivités sont depuis longtemps investies dans la mise en œuvre de politiques publiques consacrées aux enjeux éducatifs, à la jeunesse ou encore aux quartiers et aux familles. Cependant, elles peinent toujours à faire évoluer leur personnel, et cela malgré la structuration progressive des métiers de l’animation et de leur capacité à adopter de nouvelles missions quand un nouveau dispositif voit le jour.

Le rapport décline différents indicateurs de précarité comme :
– 40% des animateurs professionnels sont vacataires ou contractuels,
– seulement 30% des emplois sont en CDI,
– plus de 85% des agents en catégorie C dans la fonction publique territoriale,
– la forte féminisation des emplois,
– l’absence de capitalisation des expériences,
– le manque de reconnaissance des qualifications professionnelles,
– un important « turn over » des agents en raison des difficultés liées aux conditions de travail.

Le rapport est très argumenté sur les raisons de ce blocage au sein de la fonction publique territoriale. Il se manifeste par la très grande difficulté des animateurs à voir leur carrière progresser. Mais l’absence de capitalisation et le manque de reconnaissance professionnelle qui en découlent ne sont-ils pas le fait des politiques publiques qui s’appliquent uniquement selon des principes de moyens et non de résultats ?

Comment améliorer les performances d'un animateur ?

Placé au bout de la chaîne éducative, l’animateur est en contact direct avec les usagers. Son travail  devient une fonction stratégique du territoire, s’il lui est permis de mesurer la satisfaction du public, de disposer de tâches administratives automatisées, de collecter des données liées aux conditions de son intervention, d’accéder à une banque d’activités et de jeux, de se former à distance, de rédiger des rapports et des articles, ou encore de mettre en ligne des fichiers médias. Avec les outils numériques, la complexité n’est plus un problème mais une solution pour produire du sens sur le territoire.

Une petite histoire de la fonction d'animation

La fonction d’animation apparaît à partir de 1945 en France. Le pays a besoin de bras pour reconstruire ses villes et les populations rurales qui arrivent en masse pour y travailler doivent s’adapter très vite à un nouveau mode de production ainsi qu’à de nouvelles façons de vivre. Il convient donc d’accompagner parents et enfants à tirer le meilleur profit de leur nouvelle vie.

Les animateurs les plus éclairés sur les enjeux de la société en transformation, s’investissent bénévolement pour organiser des cours du soir ou des colonies de vacances. Leur motivation est portée par un idéal, celui de l’émancipation des masses. Leur objectif est de permettre aux citoyens les moins instruits de la société française d’accéder à l’autonomie, au libre arbitre, par l’éducation tout au long de la vie. 

L’animation se situe donc à la périphérie des organisations et des institutions, complémentaire à l’école et à l’entreprise. Cette place lui est encore assignée 70 ans plus tard, alors que l’animation est devenue entre temps un métier avec des diplômes et une filière organisée. Cette contradiction entre la finalité émancipatrice de la fonction et la réalité professionnelle continue à alimenter les débats.

Commentaires et avis