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Publié dans Musique
août 2nd, 2018

Si, sol, si, sol, si, sol, la…

J’aime la musique depuis mon plus jeune âge. Je suis né au son de la radio de mon pays, La Réunion, à l’époque où il n’en n’existait qu’une seule. Elle nous réveillait chaque matin avec la Marseillaise et enchaînait sur Madina une œuvre instrumentale locale du début du XXème siècle. Avec ça si vous n’étiez pas réveillés…Mais dans une armoire où ma mère rangeait le linge, étaient stockés quelques 45 tours avec et sans pochettes. Je devais sans doute être à l’origine de ces déshabillages, en me faisant la main sur ce petit tourne-disques Philipps qui faisait danser ses amies presque tous les samedis soirs. Elle aimait la fête ma mère et elle l’aime toujours d’ailleurs, parce qu’elle travaillait dur.Moi je suis né en 1968, avec Les Beatles, Carlos Santana, Claude François et tous les autres en passant par le préféré de ma maman : Enrico Macias. Plusieurs décennies après j’ai appris par le crayon de Joann Sfar que nous avions cette star de la Méditerranée en partage. Malgré nos origines éloignées, « Ah quelles sont jolies les filles de mon pays, lay lay lay lay, la-lay, lay lay lay », sonnait, sans doute pour lui aussi, comme un appel à la conquête des cœurs qui ne m’a pas lâché jusqu’à aujourd’hui. Que des gars me direz-vous ? Non, il y avait aussi Dalida, Mireille Mathieu, Sylvie Vartan, Sheyla… La Réunion avait les yeux tournés vers le nord par delà l’Afrique et la France vers l’ouest au-delà de l’Atlantique. Ma mère m’emmenait au bal, je ne savais encore pas marcher. Mais toutes les musiques y étaient jouées : locales, régionales (océan Indien), hexagonales et internationales. Et les filles de mon pays, c’est-à-dire mes tantes, mes cousines, leurs amies, elles m’enchantaient sans le savoir en se préparant avant d’aller au bal : les shampoings, le repassage, les essayages, le brushing, la poudre sur les joues, le rouge à lèvre et surtout les engueulades…Mon initiation musicale a été précoce, mon apprentissage plus tardif et surtout plus laborieux. Nous avons vécu dans l’est jusqu’à mes six ans. Après, en 1974, ma mère s’est installée définitivement à Saint-Denis, rue Monthyon dans une petite case qu’elle louait au propriétaire voisin, dans la kour Ramaye où l’imprimerie du même nom fabriquait le journal Témoignages. Mes yeux d’enfant ont ainsi vu naître Télé7jours, Arts Graphiques et Modernes, se construire le petit immeuble de la fédération locale du riff à la guitare qui signa mon acte de naissance musical.

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